Les avoirs nets en devises atteignent 27,3 milliards de dinars fin 2024, selon le rapport de la BCT

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Le troisième chapitre du rapport annuel 2024 de la Banque centrale de Tunisie (BCT), consacré à la stabilité financière et à la surveillance macro-prudentielle, dresse un état des lieux nuancé d’un système bancaire solide mais sous tension. Malgré une conjoncture économique difficile, le secteur bancaire tunisien a continué de consolider ses fondamentaux, soutenu par des politiques prudentielles strictes.

En 2024, la BCT a maintenu une approche prudente en renforçant les règles de provisionnement et en encadrant la distribution des dividendes, afin de préserver la solidité financière du secteur. Le Comité de surveillance macro-prudentielle et de gestion des crises financières, réuni en novembre, a réaffirmé sa mission de prévention des risques systémiques et de coordination des efforts de “verdissement” du système financier.

Sur le plan macroéconomique, la croissance a légèrement progressé à 1,4%, portée par l’agriculture et les services, tandis que l’inflation a reculé à 6,2% en décembre 2024. Le déficit budgétaire s’est allégé à 6% du PIB, mais le recours du Trésor aux financements intérieurs s’est accentué, à hauteur de 19,9 milliards de dinars. Le déficit courant a également reculé à 1,5% du PIB, contribuant à stabiliser les réserves en devises à 27,3 milliards de dinars.

L’encours des crédits à l’économie a atteint 118,6 milliards de dinars, en hausse de 2,8%, mais la dynamique reste modérée, marquée par une progression des crédits aux entreprises publiques (+13,1%) et une quasi-stagnation pour le secteur privé (+1,5%). Parallèlement, la part des créances classées continue de grimper, atteignant 14,5% des engagements totaux, tirée par la dégradation du portefeuille des PME.

Les risques de concentration demeurent élevés: les expositions sur les dix plus grands emprunteurs publics représentent désormais plus de 100% des fonds propres nets des banques, tandis que les cinq plus grands opérateurs privés en mobilisent près de 48%.

Malgré ces pressions, les tensions sur la liquidité bancaire se sont atténuées, grâce à une bonne collecte des dépôts et à un moindre recours au refinancement de la BCT.

Enfin, le rapport souligne la performance positive du marché financier, avec un Tunindex en hausse de 13,7%, bien que l’investissement étranger en portefeuille ait légèrement reculé. La BCT conclut ce chapitre en réaffirmant son engagement à préserver la stabilité du système financier et à intégrer les critères environnementaux et sociaux dans la gestion des risques bancaires.